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Pourquoi Big Little Lies avec Nicole Kidman et Reese Witherspoon est la série la plus féministe de 2017

Revue du web

La promesse lancée par Reese Witherspoon et Nicole Kidman, pendant la promotion de Big Little Lies, a été tenue. Le final a même enfoncé le clou, la mini-série de sept épisodes a été résolument “conçue contre le modèle majoritaire hollywoodien”.

Les deux comédiennes, qui sont à l’origine de la série, se sont tout de même tournées vers deux hommes bien connus du circuit hollywoodien: le showrunner David E. Kelley (Ally McBeal, The Practice) et le réalisateur Jean-Marc Vallée, qui avait déjà adapté Wild avec Witherspoon en tête d’affiche. Kidman et Witherspoon ont aussi choisi celles qui allaient interpréter les héroïnes puissantes et faillibles du livre de Liane Moriarty. Un casting all-star, mélangeant générations, genres et filmographies, où l’on retrouve le côté badass des jeunes comédienne de Divergente (Shailene Woodley et Zoë Kravitz), l’inquiétant familier de l’actrice fétiche de David Lynch, Laura Dern, et la troublante Nicole Kidman comme revenue du temps d’Eyes Wide Shut.

 

Une histoire inédite

Cependant, Big Little Lies n’est pas un palimpseste des récits cinématographiques mythiques de ces comédiennes. Au contraire, c’est une histoire qui semble inédite puisqu’elle raconte avec réalisme et netteté la puissance de la violence. La série commence avec une rentrée des classes et un incident : la fille de Renata (Dern) a été étranglée par un camarade de classe, le présumé coupable serait Ziggy, le fils de Jane (Woodley). Cette dernière, nouvelle venue dans la ville de Monterey en Californie, pense que son fils est innocent et trouve réconfort et soutien auprès de deux autres mères de l’école : Madeline (Witherspoon) et Celeste (Kidman). Le pilote se double d’une autre investigation en flash-forwards autour d’un meurtre qui se passe plusieurs semaines après la rentrée dont le présumé coupable serait un parent d’élève.

La série se déploie vraiment au troisième épisode, lorsque l’intrigue principale autour du meurtre passe au deuxième plan et que le rapport à la violence qu’entretiennent Jane Chapman et Celeste Wright est dévoilé. [Attention spoilers] Jane rêve de tuer l’homme qui l’a violée, crime dont est issu son fils Ziggy. Celeste se fait battre par son mari et explore une autre forme de violence pendant leurs rapports sexuels. Les deux héroïnes se retrouvent dans des situations où la violence s’allie au désir de vie et de procréation (garder Ziggy pour Jane, faire l’amour pour Celeste) mais aussi à la pulsion de mort (désir de tuer l’agresseur pour Jane, désir de se laisser mourir sous les coups de son mari pour Celeste). Dans les deux cas, la violence est d’abord perpétrée par un homme mais les deux femmes la recyclent. La violence n’est pas éliminée au contact des personnages féminins, au contraire elles se l’approprient. La menace de violence ne se situe plus du côté de la biologie, ni des stéréotypes : les femmes, au-même titre que les hommes, en sont capables. A elles de décider si elles veulent l’utiliser.

Penser la violence au féminin

Big Little Lies dénonce dans un premier temps les violences faites aux femmes- si souvent mises sous silence et non représentées. Mais dans l’ultime épisode, c’est en pensant la violence féminine que la série bascule d’une œuvre bouleversante à un manifeste féministe et donc politique. La violence des héroïnes se différencie de celle utilisée par les hommes car réalisée de manière collective. [Attention spoilers] Durant le climax, le choix est fait de montrer les cinq héroïnes tuant le mari de Celeste, après qu’il l’ait rouée de coups. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, la représentation du meurtre n’est pas cathartique pour le spectateur. Cette séquence n’existe pas pour purger nos passions, faire couler nos larmes et expier nos angoisses. Bien au contraire.

 

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