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"Carol" au cinéma

Revue du web

A New York, en 1952, quelques jours avant Noël. C'est l'effervescence au rayon jouets où travaille la timide Therese. Carol Aird, une grande bourgeoise plus âgée, lui achète un train électrique pour sa fille et laisse ses gants sur le comptoir...

Todd Haynes filme souvent des prisons. Morales. Et qu'elles soient luxueuses ne les rend pas forcément moins féroces. Des femmes y sont enfermées, victimes des autres ou d'elles-mêmes, mais victimes, toujours. Dans Loin du paradis (2002), situé, comme Carol, dans les années 1950, l'héroïne, interprétée par Julianne Moore, totalement dévastée par l'homosexualité secrète de son mari, s'éprenait d'un Noir, ce qui en faisait la risée et la honte de son entourage. Le film était un hommage visible à Douglas Sirk et à son style : Todd Haynes y filmait des êtres constamment soumis aux oukases d'une société pudibonde et tyrannique. « Ce que je trouve beau dans les mélos de Sirk, disait-il, c'est l'entrelacs de dépendances entre les personnages. Dès que l'un commet une transgression, cela produit une réaction en chaîne et tout le monde en souffre. Il n'y a pas de méchant. Seuls des désirs humains se heurtent à la rigidité de la société (1) . »

 

Dans Loin du paradis, Todd Haynes contemplait la souffrance. Dans Carol, il l'éprouve. Il se glisse dans la peau de ses deux héroïnes, il ressent, coup après coup, les épreuves qu'elles traversent. Bref, il redevient lui-même : plus impliqué, plus compassionnel, plus proche d'un autre maître des mélos, Vincente Minnelli, l'auteur de Comme un torrent et de Thé et sympathie. Dans Carol, chaque mouvement de caméra semble trahir un état d'âme. L'écran est parsemé de couleurs vives : les robes rouges et vertes de Cate Blanchett donnent même à la grisaille de New York des airs de comédie musicale. Et puis, entre la psychologie des personnages et l'art se tissent des liens secrets : dans Le Chevalier des sables, l'un des Minnelli les plus beaux et les plus méconnus, Elizabeth Taylor incarnait une artiste qui, par misanthropie et mélancolie, ne peignait que des oiseaux. Chez Todd Haynes, Therese (Rooney Mara), apprentie photographe, se borne elle aussi, mais par peur et timidité, à ne saisir dans son objectif que des ciels, des fenêtres et des portes. C'est en voyant, au loin, Carol acheter un sapin de Noël à sa petite fille qu'elle ose, presque instinctivement, appuyer sur le déclic, voler cet instant indiscret. Chez Haynes comme chez Minnelli, l'art reflète toujours la naissance de l'humain chez ceux qui s'en excluent, mais qui l'acceptent après un périple qui les révèle à eux-mêmes.

Donc, Therese, vendeuse dans un grand magasin de New York, rencontre Carol, grande bourgeoise en train de divorcer d'un mari qui, par vengeance, s'est mis en tête de lui retirer la garde de leur fille. Carol, qui aime les femmes, s'éprend de Therese, au risque de se perdre... « En travail­lant sur le film, a dit Todd Haynes, j'ai relu Fragments d'un discours amoureux, de Roland Barthes. Car le film ne parle que du théâtre fou et solitaire de l'imagination amoureuse. » (...)

 

Sortie en salle le 13 Janvier 2016

 

Lire la suite de la critique du film sur Télérama

 


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